Philosophie de l’agence

Entre architecture et urbanisme, entre espaces construits et « vides » habités, l’agence expérimente une façon d’exercer qui privilégie la recherche des enjeux propres à chaque projet, interroge le bien fondé des programmes et engage un dialogue actif avec les diverses situations urbaines. Trois axes illustrent cette approche qui se retrouve dans chacun de ses projets.

 

Chercher

Le projet a ses raisons que la raison ignore. Interroger le programme au-delà des attendus permet de faire émerger, hors des recettes, ses enjeux authentiques. Le projet demande à chaque fois un travail d’enquêtes, de récoltes et d’échanges qui sortent souvent du champ de l’architecture : le riche écheveau de ces éléments disparates rassemble cette matière qui finit par donner sens au projet. Le passage à la forme, processus par itération et approximations successives, finit par lui donner corps.

Transmettre

Dans l’amont du projet (cette partie immergée de l’iceberg qui précède le passage à la forme), de nombreux acteurs se côtoient, aux intérêts divergents et aux savoirs différents. Ils engagent la forme urbaine ou architecturale avant que l’architecte n’intervienne. Or c’est là que les enjeux d’un projet engagent la spatialité à venir. Transmettre, pour l’architecte, c’est assurer la transcription de chacun de ces intérêts et contraintes latents en leur implication spatiale. C’est partager ces enjeux par le biais de représentations traduites dans l’espace, qui ne sont pas encore la mise en forme du projet architectural. C’est trouver les représentations adéquates pour identifier ce qui met d’accord, indispensable « luxe » à offrir en amont pour économiser en aval.

Construire

Chaque construction traduit les intentions qui ont précédé par ses qualités spatiales, sa matérialité, ses détails. Elle exprime la façon dont on incarne les usages à travers les choix architecturaux. Quelques thèmes récurrents apparaissent au fil des projets : la dématérialisation des limites, l’amplification de l’épaisseur de la fenêtre, le travail des seuils, des passages, de l’entre-deux… Des sensations mentales et physiques prégnantes se dégagent de la fréquentation des espaces.